Nutrition et calculs rénaux : le rôle du calcium et des oxalates

Qu’est-ce qu’un calcul rénal ?

Les calculs rénaux sont de petits amas solides qui se forment lorsque certaines substances présentes dans les urines deviennent trop concentrées et cristallisent. Ils peuvent rester silencieux ou provoquer une douleur intense (colique néphrétique) en migrant. Environ 70 à 75 % d’entre eux sont constitués d’oxalate de calcium. D’autres types existent (acide urique, phosphate de calcium, struvite, cystine) et nécessitent une prévention adaptée.

Le calcium alimentaire : un allié

Dans l’intestin, le calcium des aliments se lie aux oxalates alimentaires et forme un complexe insoluble, éliminé dans les selles. Moins d’oxalates sont alors absorbés, donc moins sont éliminés par les reins. À l’inverse, un manque de calcium laisse les oxalates « libres » : ils sont davantage absorbés, puis éliminés dans les urines, ce qui augmente le risque de calculs.

ConseilPourquoi
Viser environ 900 à 1 000 mg de calcium par jour (référence ANSES : 950 mg), un peu plus après la ménopauseÉviter le déficit qui libère les oxalates
Consommer le calcium pendant les repas contenant des oxalatesFavoriser leur liaison dans l’intestin
Privilégier le calcium alimentaireLes compléments pris hors repas ou à forte dose peuvent augmenter le risque : pas de supplémentation sans avis médical
Boire suffisamment pour produire 2 à 2,5 L d’urine par jour (soit souvent 2,5 à 3 L de boissons) et limiter le selDiluer les urines, et réduire la fuite urinaire de calcium due au sodium

Les principaux aliments riches en oxalates sont la rhubarbe, les épinards, l‘oseille, la betterave, les noix et amandes, le cacao et le thé. Inutile de les supprimer systématiquement : on les modère, surtout si l’on a déjà fait un calcul, et on les associe à un apport en calcium.

D’où viennent les oxalates ?

L’organisme en fabrique lui-même : 50 à 80 % de l‘oxalate urinaire provient de cette production interne, principalement hépatique. Elle augmente avec :

  • La vitamine C à forte dose (au-delà de 1 000 mg/jour en complément) : c’est le précurseur le mieux établi.
  • Les protéines animales en excès, et peut-être le fructose en très grandes quantités (le lien est moins bien démontré).
  • Certaines maladies génétiques rares (hyperoxaluries primaires) : le foie produit des quantités massives d’oxalate, avec des calculs sévères dès l’enfance ou l’adolescence.
  • Certaines maladies ou chirurgies de l’intestin (maladie de Crohn, maladie cœliaque, bypass gastrique, cholécystectomie) : les graisses non absorbées captent le calcium, qui ne peut plus piéger les oxalates, absorbés alors en excès.
  • Une insuffisance rénale, qui réduit l’élimination des oxalates. Une hydratation insuffisante, elle, concentre les urines et favorise la cristallisation, sans faire s’accumuler les oxalates dans le sang.

Ce que dit la recherche

Dans l’étude de Borghi et al. (NEJM, 2002), des hommes souffrant de calculs d’oxalate de calcium récidivants et d’hypercalciurie ont suivi pendant 5 ans soit un régime pauvre en calcium, soit un régime à apport normal en calcium (environ 1 200 mg/j) mais pauvre en sel et en protéines animales. Ce second groupe a vu son risque de récidive réduit de moitié environ. Le bénéfice tient à l’ensemble de ce régime, pas au calcium seul, mais l’étude montre que restreindre le calcium n’est pas la bonne stratégie.

Magnésium et jus de citron à ne pas négliger

Outre ce rôle du calcium en prévention des calculs d’acides oxaliques, le magnésium et le jus de citron ont également montré des actions préventives significatives dans la diminution des récidives.

Voir article : https://micronutrition-sante.fr/2023/12/22/calculs-renaux-quels-micronutriments-pour-les-prevenir/

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Sources : Association française d’urologie, HAS, Borghi et al., NEJM 2002. Dernière mise à jour : novembre 2026.